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Le paradis a ceci de particulier qu’il
touche simultanément aux domaines du sacré et
du profane. Symbole de la quête du bonheur, il peut être
associé à la foi ou, au contraire, ne pas y faire
référence. Et c’est plutôt pour la
seconde solution que Michel Coté et Orna Cohen penchaient.
L’un, en rappelant que « la recherche du paradis
et le prosélytisme peuvent aussi conduire vers l’enfer
» et qu’il faudrait à ce titre « sortir
un peu du religieux ». L’autre, en convenant «
qu’il faudrait moins centrer cette thématique sur
le religieux que sur la quête du bonheur ». Une
proposition qui recoupait certaines conclusions d’une
étude menée auprès du public 18/30 ans
à l’occasion de l’exposition ‘’Visions
du Futur’’ au Grand Palais. « Beaucoup d’entre
eux reprochaient à l’exposition d’avoir voulu
moraliser. Il y a un refus que le musée serve de moralisateur
», rapportait Françoise Wasserman.
Mais alors, comment rendre compte de l’espace-berceau
qu’a été l’euroméditerranée
pour les trois monothéismes ? Car il faut tout de même
tenir compte du fait que la croyance en la résurrection
a été un facteur structurant majeur des sociétés
euroméditerranéennes. « La résurrection
a permis l’identification des comportements collectifs
et des valeurs dans l’espace euro-méditerranéen.
Il faut reconnaître ce fondement qui a structuré
l’espace mental et l’espace social », défendait
Michel Colardelle avant d’ajouter : « il faut redonner
de la curiosité aux gens pour leur éviter d’opposer
les religions alors qu’elles sont apparentées ».
Une apologie de la tolérance soutenue par Jean Guibal
qui envisage la dimension religieuse du paradis comme un outil
d’apprentissage de la différence des croyances.
Le mot de la fin revenait à Harald Weinrich qui rappelait
qu’il y a, au MCEM, de la place pour toutes approches.
Et il est vrai que « à travers le paradis, on peut
visiter diverses représentations du bonheur : eschatologique,
artificiel, utopique… ». |
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