dernière mise à jour : 17-Sep-2004
 

 

Le paradis a ceci de particulier qu’il touche simultanément aux domaines du sacré et du profane. Symbole de la quête du bonheur, il peut être associé à la foi ou, au contraire, ne pas y faire référence. Et c’est plutôt pour la seconde solution que Michel Coté et Orna Cohen penchaient. L’un, en rappelant que « la recherche du paradis et le prosélytisme peuvent aussi conduire vers l’enfer » et qu’il faudrait à ce titre « sortir un peu du religieux ». L’autre, en convenant « qu’il faudrait moins centrer cette thématique sur le religieux que sur la quête du bonheur ». Une proposition qui recoupait certaines conclusions d’une étude menée auprès du public 18/30 ans à l’occasion de l’exposition ‘’Visions du Futur’’ au Grand Palais. « Beaucoup d’entre eux reprochaient à l’exposition d’avoir voulu moraliser. Il y a un refus que le musée serve de moralisateur », rapportait Françoise Wasserman.

Mais alors, comment rendre compte de l’espace-berceau qu’a été l’euroméditerranée pour les trois monothéismes ? Car il faut tout de même tenir compte du fait que la croyance en la résurrection a été un facteur structurant majeur des sociétés euroméditerranéennes. « La résurrection a permis l’identification des comportements collectifs et des valeurs dans l’espace euro-méditerranéen. Il faut reconnaître ce fondement qui a structuré l’espace mental et l’espace social », défendait Michel Colardelle avant d’ajouter : « il faut redonner de la curiosité aux gens pour leur éviter d’opposer les religions alors qu’elles sont apparentées ». Une apologie de la tolérance soutenue par Jean Guibal qui envisage la dimension religieuse du paradis comme un outil d’apprentissage de la différence des croyances.

Le mot de la fin revenait à Harald Weinrich qui rappelait qu’il y a, au MCEM, de la place pour toutes approches. Et il est vrai que « à travers le paradis, on peut visiter diverses représentations du bonheur : eschatologique, artificiel, utopique… ».