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Comme souvent lorsque ce sujet est évoqué,
c’est autour de la domination de la femme par l’homme
puis, de son émancipation, que les discussions se sont
structurées. Celles et ceux qui ont quelque connaissance
de la condition de la femme dans l’espace euro-méditerranéen
ne s’en étonneront pas. Offrir au public l’opportunité
de réfléchir aux origines et aux fondements
de ces injustices et, dans le même temps, ‘’provoquer
l’attention au présent‘’ afin de
montrer comment certaines d’entre elles disparaissent
alors que d’autres se reproduisent, s’inscrit
donc pleinement dans la mission du MCEM.
C’est probablement ce à
quoi Martine Ségalen songeait lorsqu’elle proposait
de montrer comment la domination s’est construite puis,
comment elle a été déconstruite par l’action
des femmes. Pour représenter cela, les intervenants
ont fait des propositions qu’il est possible de répartir
en deux principaux groupes.
Il s’agit tout d’abord de faire découvrir
les espaces de sociabilité spécifiques aux femmes
et aux hommes : montrer les différents gestes et lieux
réservés à chacun (postures, rapports
aux outils, arts ménagers…), expliquer comment
se ‘’fabriquent’’ l’homme et
la femme (avec le corps, l’apparence, les jeux et les
jouets), raconter la place des hommes et des femmes dans les
espaces cérémoniels, exposer les différents
aspects de l’alliance (choix du conjoint, rituels, aspects
juridiques).
Le comité scientifique souhaite d’autre part
compléter cette approche sociale par le biais du religieux
: représenter les catégories du pur et de l’impur
qui ont été exploitées pour justifier
certaines formes de domination. On notera que cette approche
s’inscrit en plein dans la pédagogie de tolérance
que Michel Colardelle évoquait lorsqu’il parlait,
dans le thème du Paradis, « d’éviter
d’opposer les religions alors qu’elles sont apparentées
»… bien entendu, l’apparentement sera cette
fois critique puisqu’il montrera comment les trois monothéismes
ont, au nom de parti-pris religieux, toujours cherché
à dominer les femmes. La couverture des cheveux, que
l’on retrouve autant dans les textes sacrés de
l’Islam, du judaïsme que du christianisme, en serait
une excellente illustration. Et cet exemple aura une autre
vertu : celle de raconter la libération progressive
des femmes dans ces religions.
Car ce n’est pas uniquement sous le signe de la domination
que ce thème doit se placer : il faut aussi montrer
comment les femmes se sont libérées du joug
masculin et quels sont les résultats de ces combats.
Martine Ségalen proposait à ce sujet d’illustrer
le « changement de la condition féminine au travers
du rapport à son propre corps ».
Reste que circonscrire le thème
à la domination de la femme par l’homme risquerait
d’être réducteur. Le rapport Féminin/Masculin
induit en effet bien d’autres possibilités de
réflexion qu’il serait dommage d’évacuer.
Telle était le sens de la mise en garde de Michel Coté
lorsqu’il conseillait de « ne pas présenter
la relation homme/femme uniquement à travers les femmes
: il faut aussi réfléchir sur la condition de
l’homme ». En conciliateur de la condition de
tous les sexes, Dejan Dimitrijevic proposait de « montrer
quelles sont les violences symboliques qui sont utilisées
pour construire les hommes et les femmes ». La proposition
est pertinente : elle permettrait de confronter les réactions
des hommes et des femmes face à une même situation
plutôt que de confronter systématiquement le
féminin et le masculin.
C’est aussi dans cette volonté d’ouvrir
le thème à d’autres aspects du rapport
féminin/masculin qu’ont été évoqués
les aspects du PACS, de la bisexualité, de la transsexualité,
de l’homoparentalité ou encore, de la prostitution
masculine et féminine. Ces sujets ne seront probablement
pas les plus faciles à représenter muséographiquement,
mais ils apparaissent essentiels pour ‘’décaler
le regard’’, ‘’donner à réfléchir’’,
‘’provoquer l’attention aux évolutions
contemporaines’’.
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