dernière mise à jour : 17-Sep-2004
 
On aurait pu croire que l’eau suivrait le chemin du paradis : eau sacrée et eau profane, eau pure et eau souillée, élément purificateur ou alimentaire. Pourtant, si un certain nombre de références ont été faites à ces domaines -notamment par Francis Conte- le comité s’est plutôt intéressé aux aspects techniques, sociaux et juridiques liés au contrôle, à la gestion et à la distribution de l’eau. Il faut dire que, dans l’environnement géographique et climatique méditerranéen, l’eau est souvent perçue comme une ressource vitale, rare et inégalement répartie. Et, partant, comme instrument de pouvoir, comme un outil géostratégique… comme une source d’inégalité sociale.
Il y a là de nombreuses possibilités de comparatisme, déclinables dans le temps et dans l’espace, qui ‘’donneront à réfléchir’’ au visiteur en lui permettant de décaler son regard. Pour Joaquim Pais de Brito, les aspects liés à la propriété de l’eau constituent un point d’entrée pertinent : « A qui appartient-elle ? Qui en a la maîtrise ? Quel est le business de l’eau ? ». Questionnement qui, au-delà de la visite, se prolongera dans l’esprit du public : ‘’Ce business est-il juste ? Est-il équitable ? Comment le droit à l’eau est-il appliqué, respecté ? Est-il normal qu’un tel droit existe ?’’.
Mais il ne faut pas oublier que le MCEM doit être représentatif de toutes les zones, et pas seulement de l’aire méditerranéenne. Annick Sjögren l’a fort opportunément rappelé en indiquant que, dans le Nord, ce n’est pas exclusivement sous sa forme liquide que l’eau a de l’influence : en facilitant la circulation des individus et des marchandises pendant la période hivernale, la glace aussi est un élément structurant des sociétés scandinaves… Un exemple qui poussera certainement les autres membres du comité scientifique à s’interroger sur la place de l’eau dans leur culture de référence.
En conseillant, non sans humour, « de ne pas négliger les résurgences aquatiques qui surviennent actuellement dans les projets muséographiques marseillais », Danièle Giraudy concluait cette séance de travail par une sorte de mesure de précaution : prendre en compte l’existant immédiat ou à venir (comme le Centre de la Mer ou encore, les réservoirs du Palais de Longchamps) permettra d’éviter les redondances. Et aussi d’effectuer un premier tri dans les propositions.