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On aurait pu croire que l’eau suivrait
le chemin du paradis : eau sacrée et eau profane, eau
pure et eau souillée, élément purificateur
ou alimentaire. Pourtant, si un certain nombre de références
ont été faites à ces domaines -notamment
par Francis Conte- le comité s’est plutôt
intéressé aux aspects techniques, sociaux et juridiques
liés au contrôle, à la gestion et à
la distribution de l’eau. Il faut dire que, dans l’environnement
géographique et climatique méditerranéen,
l’eau est souvent perçue comme une ressource vitale,
rare et inégalement répartie. Et, partant, comme
instrument de pouvoir, comme un outil géostratégique…
comme une source d’inégalité sociale.
Il y a là de nombreuses possibilités de comparatisme,
déclinables dans le temps et dans l’espace, qui
‘’donneront à réfléchir’’
au visiteur en lui permettant de décaler son regard.
Pour Joaquim Pais de Brito, les aspects liés à
la propriété de l’eau constituent un point
d’entrée pertinent : « A qui appartient-elle
? Qui en a la maîtrise ? Quel est le business de l’eau
? ». Questionnement qui, au-delà de la visite,
se prolongera dans l’esprit du public : ‘’Ce
business est-il juste ? Est-il équitable ? Comment le
droit à l’eau est-il appliqué, respecté
? Est-il normal qu’un tel droit existe ?’’.
Mais il ne faut pas oublier que le MCEM doit être représentatif
de toutes les zones, et pas seulement de l’aire méditerranéenne.
Annick Sjögren l’a fort opportunément rappelé
en indiquant que, dans le Nord, ce n’est pas exclusivement
sous sa forme liquide que l’eau a de l’influence
: en facilitant la circulation des individus et des marchandises
pendant la période hivernale, la glace aussi est un élément
structurant des sociétés scandinaves… Un
exemple qui poussera certainement les autres membres du comité
scientifique à s’interroger sur la place de l’eau
dans leur culture de référence.
En conseillant, non sans humour, « de ne pas négliger
les résurgences aquatiques qui surviennent actuellement
dans les projets muséographiques marseillais »,
Danièle Giraudy concluait cette séance de travail
par une sorte de mesure de précaution : prendre en compte
l’existant immédiat ou à venir (comme le
Centre de la Mer ou encore, les réservoirs du Palais
de Longchamps) permettra d’éviter les redondances.
Et aussi d’effectuer un premier tri dans les propositions. |
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