dernière mise à jour : 17-Sep-2004
 
La cité, c’est le lieu où se croisent les chemins, où les eaux s’acheminent et s’évaporent, où les hommes et les femmes s’unissent autant qu’ils se repoussent, où le paradis semble tantôt promis, tantôt perdu… Il n’est donc pas hasardeux que « dans le thème de la cité, on retrouve tous les autres », ainsi que le remarquait Harald Weinrich. Dans cette mesure, que donner à voir et quel mode d’entrée choisir pour éviter la redondance avec les autres sujets ?

Fort heureusement, le thème de la cité (et la cité elle-même) ne répond pas uniquement à cette somme de coïncidences circulatoires, spirituelles et charnelles. Il répond aussi, comme le soulignait Thierry Fabre, à une exigence civique particulière, à un besoin de « faire comprendre pourquoi et comment les hommes vivent ensemble ». On songe bien entendu aux deux dimensions du politique : celle qui organise les relations entre les citoyens ; celle qui organise le rapport du gouvernant au gouverné c’est à dire, du pouvoir à la société. Et ce sont précisément ces aspects qui font de ‘’La Cité’’ une thématique originale pour le MCEM.

A l’avenant de cette bi-dimensionnalité, les modes d’entrée dans la thématique devraient s’articuler autour des lieux et des symboles du pouvoir, que ces lieux et symboles soient le fait du gouvernant ou celui du gouverné (voire, de l’autorité ou de son opposant). Reste à savoir, comme se le demandait Thierry Fabre, comment donner à voir ces lieux et ces symboles, « comment les muséographier ». Là encore, les technologies numériques et multimédia ont été suggérées. Une solution pertinente « pour restituer la monumentalité », observait Michel Colardelle.

Et puis, il ne faut pas oublier les vertus du comparatisme. Un exemple concret : montrer comment les villes développent des espaces d’exclusion soit, par décision politique ou administrative soit, dans le cadre du développement des populations elles-mêmes. Une approche qui permettrait de comparer les différents types de sociabilité qui se constituent dans ces lieux, ghetto, bidonvilles ou grands ensembles. Mais attention « de ne pas être désespérant, ni caricatural, ni stéréotypé », prévenait Germain Viatte. Une sage mise en garde si l’on veut éviter de décourager le public. Christian Bromberger la faisait sienne en estimant « qu’on peut montrer sans misérabilisme ».

Reste que, même s’il a mobilisé une bonne partie de la discussion, le sujet de l’exclusion ne représente qu’un aspect possible de la thématique. La Cité dispose d’autres facettes, nombreuses, diverses, brillantes. L’amusement, par exemple. Car, ainsi que Mohamed Kerrou le rappelait, « il ne faut pas oublier que les villes, c’est aussi le plaisir ! ».