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La cité, c’est le lieu où
se croisent les chemins, où les eaux s’acheminent
et s’évaporent, où les hommes et les femmes
s’unissent autant qu’ils se repoussent, où
le paradis semble tantôt promis, tantôt perdu…
Il n’est donc pas hasardeux que « dans le thème
de la cité, on retrouve tous les autres », ainsi
que le remarquait Harald Weinrich. Dans cette mesure, que donner
à voir et quel mode d’entrée choisir pour
éviter la redondance avec les autres sujets ?
Fort heureusement, le thème de la cité (et la
cité elle-même) ne répond pas uniquement
à cette somme de coïncidences circulatoires, spirituelles
et charnelles. Il répond aussi, comme le soulignait Thierry
Fabre, à une exigence civique particulière, à
un besoin de « faire comprendre pourquoi et comment les
hommes vivent ensemble ». On songe bien entendu aux deux
dimensions du politique : celle qui organise les relations entre
les citoyens ; celle qui organise le rapport du gouvernant au
gouverné c’est à dire, du pouvoir à
la société. Et ce sont précisément
ces aspects qui font de ‘’La Cité’’
une thématique originale pour le MCEM.
A l’avenant de cette bi-dimensionnalité, les modes
d’entrée dans la thématique devraient s’articuler
autour des lieux et des symboles du pouvoir, que ces lieux et
symboles soient le fait du gouvernant ou celui du gouverné
(voire, de l’autorité ou de son opposant). Reste
à savoir, comme se le demandait Thierry Fabre, comment
donner à voir ces lieux et ces symboles, « comment
les muséographier ». Là encore, les technologies
numériques et multimédia ont été
suggérées. Une solution pertinente « pour
restituer la monumentalité », observait Michel
Colardelle.
Et puis, il ne faut pas oublier les vertus du comparatisme.
Un exemple concret : montrer comment les villes développent
des espaces d’exclusion soit, par décision politique
ou administrative soit, dans le cadre du développement
des populations elles-mêmes. Une approche qui permettrait
de comparer les différents types de sociabilité
qui se constituent dans ces lieux, ghetto, bidonvilles ou grands
ensembles. Mais attention « de ne pas être désespérant,
ni caricatural, ni stéréotypé »,
prévenait Germain Viatte. Une sage mise en garde si l’on
veut éviter de décourager le public. Christian
Bromberger la faisait sienne en estimant « qu’on
peut montrer sans misérabilisme ».
Reste que, même s’il a mobilisé une bonne
partie de la discussion, le sujet de l’exclusion ne représente
qu’un aspect possible de la thématique. La Cité
dispose d’autres facettes, nombreuses, diverses, brillantes.
L’amusement, par exemple. Car, ainsi que Mohamed Kerrou
le rappelait, « il ne faut pas oublier que les villes,
c’est aussi le plaisir ! ». |
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