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Avec le chemin, c’est
l’occasion de réfléchir aux façons
dont on se pose la question des flux, des rencontres, de la
circulation. A ce titre, comme le note Denis Chevallier, l’idée
du chemin apparaît consubstantielle à celle de
civilisation puisqu’elle permet de s’interroger
sur ce qui fonde l’appartenance de l’individu à
un espace. Et puis, situer ces appartenances dans des flux qui
dépassent les frontières semble logique pour un
musée qui doit ‘’proposer lui-même
l’espace auquel il se réfère’’...
C’est un peu ce que suggérait Dionigi Albera en
estimant que « le défi de ce thème, c’est
de représenter l’ensemble des liens de circulation
et de connexion qui ont contribué à façonner
l’espace euroméditerranéen ».
Du chemin à la migration, autre symbole-flux de l’espace-temps
euro-méditerranén, il n’y a qu’un
pas que Annick Sjögren ne s’est pas privé
de franchir : « La migration est un thème majeur
à Marseille et au reste de l’Europe. Sur le plan
muséographique, elle est également un facteur
comparatif de premier ordre : elle est un moyen d’intéresser
les jeunes et notamment les jeunes générations
de migrants ».
Si une telle approche a dominé cette phase des discussions,
elle n’a pas été pour autant exclusive.
Francis Conte a, par exemple, proposé de bâtir
un lien spirituel entre chemin et migration : migration des
corps mais aussi migration des esprits, migration des âmes.
Et pourquoi ne pas songer à la sous-thématique
des obstacles, à « l’idée du chemin
initiatique créé par le franchissement des obstacles
» ? Une dématérialisation des enjeux circulatoires
que Harald Weinrich développait en évoquant la
présentation et la représentation des mots. «
Avec, par exemple, une collection exhaustive d’enregistrements
sonores des différentes langues et dialectes parlés
en Europe ». Une proposition où le multimédia
pourrait trouver application. La technologie avait, du reste,
déjà trouvé grâce aux yeux de Denis
Chevallier lorsque celui-ci s’était interrogé
sur la relation technologique au temps et à l’espace
: « Comment vit-on la réduction du territoire par
les moyens de communication ? Comment vit-on l’atomisation
du temps de nos relations par les mêmes moyens de communication
? ». |
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