dernière mise à jour : 03-Oct-2003
 

 

Avec le chemin, c’est l’occasion de réfléchir aux façons dont on se pose la question des flux, des rencontres, de la circulation. A ce titre, comme le note Denis Chevallier, l’idée du chemin apparaît consubstantielle à celle de civilisation puisqu’elle permet de s’interroger sur ce qui fonde l’appartenance de l’individu à un espace. Et puis, situer ces appartenances dans des flux qui dépassent les frontières semble logique pour un musée qui doit ‘’proposer lui-même l’espace auquel il se réfère’’... C’est un peu ce que suggérait Dionigi Albera en estimant que « le défi de ce thème, c’est de représenter l’ensemble des liens de circulation et de connexion qui ont contribué à façonner l’espace euroméditerranéen ».

Du chemin à la migration, autre symbole-flux de l’espace-temps euro-méditerranén, il n’y a qu’un pas que Annick Sjögren ne s’est pas privé de franchir : « La migration est un thème majeur à Marseille et au reste de l’Europe. Sur le plan muséographique, elle est également un facteur comparatif de premier ordre : elle est un moyen d’intéresser les jeunes et notamment les jeunes générations de migrants ».

Si une telle approche a dominé cette phase des discussions, elle n’a pas été pour autant exclusive. Francis Conte a, par exemple, proposé de bâtir un lien spirituel entre chemin et migration : migration des corps mais aussi migration des esprits, migration des âmes. Et pourquoi ne pas songer à la sous-thématique des obstacles, à « l’idée du chemin initiatique créé par le franchissement des obstacles » ? Une dématérialisation des enjeux circulatoires que Harald Weinrich développait en évoquant la présentation et la représentation des mots. « Avec, par exemple, une collection exhaustive d’enregistrements sonores des différentes langues et dialectes parlés en Europe ». Une proposition où le multimédia pourrait trouver application. La technologie avait, du reste, déjà trouvé grâce aux yeux de Denis Chevallier lorsque celui-ci s’était interrogé sur la relation technologique au temps et à l’espace : « Comment vit-on la réduction du territoire par les moyens de communication ? Comment vit-on l’atomisation du temps de nos relations par les mêmes moyens de communication ? ».