
Le parti conceptuel du projet - Rudy Ricciotti
Le parti urbain proposé par Yves lion, qui impose un volume global, externe et cubique, une volumétrie horizontale et non rivale avec le Fort Saint-Jean, est accepté comme fondateur du projet au même rang que ses exigences fonctionnelles : au projet d’y creuser son identité. Le paysage perçu comme un paysage de pierre, provoque le choix d’un bâtiment minéral, mélange d’austérité dans sa relation visuelle avec le Fort et de générosité dans sa relation à l’esplanade. Une protection aux vents d’ouest et de mer recherchée.
Un système de douves en eau longe la bâtiment.
Un bâtiment dont le tracé directeur s’organise sur un principe
de composition réalisé à partir du carré : un
volume parallélépipédique d’emprise carrée
de 72 m de côté recouvre partiellement un volume interne de 52
m de côté, comprenant les salles d’exposition et de conférences
identifiées comme le cœur du musée. Ce volume est enserré
sous une résille réalisée, comme la structure des espaces
intérieurs, en béton de fibre de haute performance de trois
cm d’épaisseur perforé comme une section de roche marine.
Cette résille forme écran sur les façades sud-est et
filtre le soleil sur la terrasse accessible située en toiture. Le matériau
retenu, à la couleur de poussière mate, hors la vue des consumérismes
technologiques, est mis au service d’un éloge du dense et du
fragile.
Le programme est analysé, au regard des exigences urbanistiques et
fonctionnelles, comme un système fédératif et cognitif
de six facteurs hiérarchisées :
« Principes urbains, vues, mer, soleil, image du musée–symbolique,
accès ».
Dans cette logique, le projet enserre le cœur du musée de deux
rampes entrelacées, qui ménagent des vues vers le Fort, la mer
et le port, puis donnent accès au Fort. Cette faille périphérique
sera une respiration démuséifiante sous l’odeur de l’iode
par la proximité des douves d’eau de mer afin de chasser les
doutes que l’on pourrait avoir quant à l’usage de l’histoire
de nos civilisations. Le Mucem sera une casbah verticale.
L’entrée principale est de plain-pied, à l’angle de la Halle et de l’esplanade. Une seconde entrée, plus basse, est accessible depuis la darse.
La passerelle vers le fort Saint-Jean démarre de la terrasse, au niveau + 16 NGF. Une terrasse abritée du soleil sous une treille de béton, un lieu festif, un lieu ouvert, en transition avec le jardin du Fort Saint-Jean.
Le Fort est perçu comme un paysage âpre, une proue de la ville sur la mer, un milieu aride, solide, ouvert, un lieu où s’associent nature et culture, mémoire et modernité. Ses espaces font l’objet d’une intervention mesurée :
• le bâtiment du DRASSM est conservé,
• la brèche est remontée et un bâtiment, qui reprend
l’implantation du palais du Gouverneur, y est adossé, pour accueillir
le centre de ressources documentaires du musée.
Les milieux botaniques existants sont renforcés
en même temps qu’est recherchée une évocation de
l’association ancienne entre jardins d’essais, jardins d’acclimatation,
ports et forts au travers de plantes importées.
![]() |
||||||||||||||||||||||||||||||
| dernière mise à jour : 15-Sep-2004 | ||||||||||||||||||||||||||||||
| le projet > l'architecture et l'urbanisme > le lauréat | ||||||||||||||||||||||||||||||
| |
|
|||||||||||||||||||||||||||||