Projet E, Phot. MNATP,CEF, MCEM Hervé Jezequel, 2004

Steven HOLL

Architecte américain établi à New York, diplômé de l'université de Washington. Il a étudié à Rome en 1970 et à Londres en 1976.
Création de l'agence en 1976.
Enseigne à Columbia University (New York), à l'université de Washington (Seattle), à l'Institut de Pratt (New York) et à l'université de Pennsylvanie (Philadelphie). Nombreuses expositions, publications et récompenses dans le monde entier.

Quelques réalisations :

Rénovation et extension du musée d'art Nelson Atkins à Kansas City (Missouri) ; musée d'Art contemporain Kiasma d'Helsinki (Finlande) ; rénovation et extension de l'institut scientifique de Crandbook (Michigan) ; rénovation et extension du bâtiment de Sarphatisstraat à Amsterdam ; logements au Japon, Pays Bas, Suisse ; Bellevue Art Museum (Etat de Washington)

_ Projet E _

L'équipe du concours
Architecte associé : André Jollivet (Marseille)
Bureau d'études techniques : TCE Jacobs Serete
Éclairagiste : L'observatoire national
Économiste : ACE consultant

LES CONCEPTS
"…Une suite de spirales qui répercutent de haut en bas l’espace et le temps…Ainsi, on cesse de considérer l’art comme un objet. Cette variation de résonance réfute la "critique objective“ qui voudrait étouffer la force génératrice à la fois visuelle et audible. Cela ne signifie pas que l’on recourt à des concepts subjectifs, mais plutôt que l’on appréhende ce qui est autour de ses yeux et de ses oreilles, peu importe que ce soit instable et fugitif… On saisit la spirale et la spirale devient…" extrait de "Jetée en spirale", Robert Smithson

1. COMPLEMENTARITE DU CONTRASTE
La structure du nouveau musée agissant tel un outil, et en mutation constante, est en opposition complémentaire avec le Fort Saint-Jean.
S’agissant du Musée des Civilisations, ils œuvrent ensemble dans un dialogue continu :
changeant / permanent
poreux /étanche
léger / imposant
papillon / voile pierre
suspendu / ancré
instrument de changement / lieu historique
vaisseau perméable / masse close

2. CINQ SPIRALES ENCASTREES
Une suite de cinq spirales perce l’enveloppe carrée du nouveau musée; Deux viennent de la direction du Mistral, une de l’Esplanade, une en relation avec le Fort à l’Est et une cinquième dans le prolongement de la promenade de la Mer. Telle une géométrie malléable qui «reflète de haut en bas le temps» ces spirales caractérisent les mouvements intérieurs du musée et les vues magiques vers l’extérieur.

3. L’HORIZON ET LA MER: "…car pour finir, tout retourne à la mer“ – Le Corbusier
A travers le bâtiment, on perçoit l’horizon de la Méditerranée :
Depuis la vue dégagée du hall d’entrée, en remontant la rampe qui initie le début de la spirale en une séquence de galeries carrées, depuis les terrasses en surplomb donnant sur la mer, et enfin depuis le toit jardin, qui, tel une calanque, est une forme d’espace de méditation, avec son café terrasse et sa vue sur l’horizon, ombragé par une spirale ondulée.

LE PARTI CONCEPTUEL
Ce nouveau musée s’intègre dans le projet d’urbanisme conçu par Yves Lion.
Inséré dans l’alignement souhaité avec la future « Halle de la Méditerranée » et le Centre de la Mer, il constitue l’acte fondateur des constructions de l’Esplanade, qui relient le Mole J4 à la Cathédrale de la Nouvelle Major au Nord Ouest avec le nouveau centre de développement urbain de la « Cité de la Méditerranée ».
Implanté à proximité immédiate de l’entrée du vieux port, le bâtiment en retrait met en valeur le Fort pour les bateaux qui s’en approchent.
Nous proposons de renforcer cet effet en aménageant un bassin d’eau devant le Musée, relié au vieux port et à la mer, mettant ainsi en situation le Musée directement au bord de l’eau.
Le Musée se dresse en un contraste flatteur avec le Fort et son environnement, notre volonté n’étant pas d’imiter l’existant mais de faire dialoguer le neuf avec l’ancien.
Ainsi :
• lors que le Musée, reflet des différents thèmes d’expositions est en perpétuel changement, le Fort est un lieu immuable.
• Alors que le Musée est « poreux » permettant au public depuis de rez-de-chaussée de disposer d’une vue sur la mer en prise directe, le Fort est fermé, fortifié de par son histoire.
• Le nouveau bâtiment est léger, les espaces d’expositions sont suspendus au dessus d’un hall en atrium tandis que le Fort est solide, lourd, constituant une masse fermée.
Par contraste, le nouveau Musée est ouvert recevant des programmes et des activités variés, en symbiose avec la culture euro-méditerranéenne suivant le souhait de la programmation.
Dans cette optique, le bâtiment que nous avons conçu constitue un vaisseau, qui suivant les différentes heures d’exposition, vibre de jour comme de nuit à la lumière qu’il reçoit.
Par contraste à la pierre sédimentaire, le nouveau musée est composé de matériaux légers ultramodernes. Le béton blanc extérieur constitué par un mélange composé d’agrégat de verre laisse transparaître la lumière à travers ses épaisseurs les plus fines. Tel la coquille d’une conque, le matériau devient plus opaque vers ses couches structurelles intérieures.
Enfin le sol est constitué de terrazzo intégrant lui aussi du verre recyclé apportant ainsi une cohérence avec les surfaces des murs extérieurs.
Le toit du musée, 5ème façade végétale traitée dans un registre contemporain, crée un lien avec la liberté sauvage du lieu du Fort Saint Jean.
Les surfaces purement vitrées sont limitées. Ainsi, le rez-de-chaussée est transparent pour offrir une vue magnifique sur la mer depuis l’intérieur du bâtiment.
C’est aussi vrai au niveau le plus haut où les visiteurs peuvent apprécier la vue et la présence de la lumière du jour qui « éclaire » la visite des différents modules d’exposition tels des « instants de lumière ».
Sous la lumière du jour, l’aspect du bâtiment est perpétuellement en changement.
Ainsi, les parties de verre mat recyclé intégrées au béton modulent la réflexion de la lumière extérieure et la couleur du bâtiment change régulièrement du lever au coucher du soleil, de même que la nuit sous l’éclairage artificiel, constituant une véritable mise en lumière du bâtiment.
Les salles de forme simple et rectangulaire s’étirent lentement vers le haut le long d’une spirale. Toutefois, de multiples routes traversent et contournent les différentes galeries (facilitant ainsi un échelonnage flexible des installations). Le visiteur aura la liberté de choisir le chemin de sa visite. Par conséquent, le nouveau Musée représentera plus un édifice de réflexion indépendante et non dictée.

dernière mise à jour : 15-Sep-2004