
Steven HOLL
Architecte américain établi à New
York, diplômé de l'université de Washington. Il a étudié
à Rome en 1970 et à Londres en 1976.
Création de l'agence en 1976.
Enseigne à Columbia University (New York), à l'université
de Washington (Seattle), à l'Institut de Pratt (New York) et à
l'université de Pennsylvanie (Philadelphie). Nombreuses expositions,
publications et récompenses dans le monde entier.
Quelques réalisations :
Rénovation et extension du musée
d'art Nelson Atkins à Kansas City (Missouri) ; musée d'Art contemporain
Kiasma d'Helsinki (Finlande) ; rénovation et extension de l'institut
scientifique de Crandbook (Michigan) ; rénovation et extension du bâtiment
de Sarphatisstraat à Amsterdam ; logements au Japon, Pays Bas, Suisse
; Bellevue Art Museum (Etat de Washington)
_ Projet E _
L'équipe du concours
Architecte associé : André Jollivet (Marseille)
Bureau d'études techniques : TCE Jacobs Serete
Éclairagiste : L'observatoire national
Économiste : ACE consultant
LES CONCEPTS
"…Une suite de spirales qui répercutent de haut en bas l’espace
et le temps…Ainsi, on cesse de considérer l’art comme un
objet. Cette variation de résonance réfute la "critique
objective“ qui voudrait étouffer la force génératrice
à la fois visuelle et audible. Cela ne signifie pas que l’on
recourt à des concepts subjectifs, mais plutôt que l’on
appréhende ce qui est autour de ses yeux et de ses oreilles, peu importe
que ce soit instable et fugitif… On saisit la spirale et la spirale
devient…" extrait de "Jetée en spirale", Robert
Smithson
1. COMPLEMENTARITE DU CONTRASTE
La structure du nouveau musée agissant tel un outil, et en
mutation constante, est en opposition complémentaire avec le Fort Saint-Jean.
S’agissant du Musée des Civilisations, ils œuvrent ensemble
dans un dialogue continu :
changeant / permanent
poreux /étanche
léger / imposant
papillon / voile pierre
suspendu / ancré
instrument de changement / lieu historique
vaisseau perméable / masse close
2. CINQ SPIRALES ENCASTREES
Une suite de cinq spirales perce l’enveloppe carrée
du nouveau musée; Deux viennent de la direction du Mistral, une de
l’Esplanade, une en relation avec le Fort à l’Est et une
cinquième dans le prolongement de la promenade de la Mer. Telle une
géométrie malléable qui «reflète de haut
en bas le temps» ces spirales caractérisent les mouvements intérieurs
du musée et les vues magiques vers l’extérieur.
3. L’HORIZON ET LA MER: "…car
pour finir, tout retourne à la mer“ –
Le Corbusier
A travers le bâtiment, on perçoit l’horizon de la Méditerranée
:
Depuis la vue dégagée du hall d’entrée, en remontant
la rampe qui initie le début de la spirale en une séquence de
galeries carrées, depuis les terrasses en surplomb donnant sur la mer,
et enfin depuis le toit jardin, qui, tel une calanque, est une forme d’espace
de méditation, avec son café terrasse et sa vue sur l’horizon,
ombragé par une spirale ondulée.
LE PARTI CONCEPTUEL
Ce nouveau musée s’intègre dans le projet d’urbanisme
conçu par Yves Lion.
Inséré dans l’alignement souhaité avec la future
« Halle de la Méditerranée » et le Centre de la
Mer, il constitue l’acte fondateur des constructions de l’Esplanade,
qui relient le Mole J4 à la Cathédrale de la Nouvelle Major
au Nord Ouest avec le nouveau centre de développement urbain de la
« Cité de la Méditerranée ».
Implanté à proximité immédiate de l’entrée
du vieux port, le bâtiment en retrait met en valeur le Fort pour les
bateaux qui s’en approchent.
Nous proposons de renforcer cet effet en aménageant un bassin d’eau
devant le Musée, relié au vieux port et à la mer, mettant
ainsi en situation le Musée directement au bord de l’eau.
Le Musée se dresse en un contraste flatteur avec le Fort et son environnement,
notre volonté n’étant pas d’imiter l’existant
mais de faire dialoguer le neuf avec l’ancien.
Ainsi :
• lors que le Musée, reflet des différents thèmes
d’expositions est en perpétuel changement, le Fort est un lieu
immuable.
• Alors que le Musée est « poreux » permettant au
public depuis de rez-de-chaussée de disposer d’une vue sur la
mer en prise directe, le Fort est fermé, fortifié de par son
histoire.
• Le nouveau bâtiment est léger, les espaces d’expositions
sont suspendus au dessus d’un hall en atrium tandis que le Fort est
solide, lourd, constituant une masse fermée.
Par contraste, le nouveau Musée est ouvert recevant des programmes
et des activités variés, en symbiose avec la culture euro-méditerranéenne
suivant le souhait de la programmation.
Dans cette optique, le bâtiment que nous avons conçu constitue
un vaisseau, qui suivant les différentes heures d’exposition,
vibre de jour comme de nuit à la lumière qu’il reçoit.
Par contraste à la pierre sédimentaire, le nouveau musée
est composé de matériaux légers ultramodernes. Le béton
blanc extérieur constitué par un mélange composé
d’agrégat de verre laisse transparaître la lumière
à travers ses épaisseurs les plus fines. Tel la coquille d’une
conque, le matériau devient plus opaque vers ses couches structurelles
intérieures.
Enfin le sol est constitué de terrazzo intégrant lui aussi du
verre recyclé apportant ainsi une cohérence avec les surfaces
des murs extérieurs.
Le toit du musée, 5ème façade végétale
traitée dans un registre contemporain, crée un lien avec la
liberté sauvage du lieu du Fort Saint Jean.
Les surfaces purement vitrées sont limitées. Ainsi, le rez-de-chaussée
est transparent pour offrir une vue magnifique sur la mer depuis l’intérieur
du bâtiment.
C’est aussi vrai au niveau le plus haut où les visiteurs peuvent
apprécier la vue et la présence de la lumière du jour
qui « éclaire » la visite des différents modules
d’exposition tels des « instants de lumière ».
Sous la lumière du jour, l’aspect du bâtiment est perpétuellement
en changement.
Ainsi, les parties de verre mat recyclé intégrées au
béton modulent la réflexion de la lumière extérieure
et la couleur du bâtiment change régulièrement du lever
au coucher du soleil, de même que la nuit sous l’éclairage
artificiel, constituant une véritable mise en lumière du bâtiment.
Les salles de forme simple et rectangulaire s’étirent lentement
vers le haut le long d’une spirale. Toutefois, de multiples routes traversent
et contournent les différentes galeries (facilitant ainsi un échelonnage
flexible des installations). Le visiteur aura la liberté de choisir
le chemin de sa visite. Par conséquent, le nouveau Musée représentera
plus un édifice de réflexion indépendante et non dictée.
![]() |
||||||||||||||||||||||||||||||
| dernière mise à jour : 15-Sep-2004 | ||||||||||||||||||||||||||||||
| le projet > l'architecture et l'urbanisme > les participants | ||||||||||||||||||||||||||||||
| |
|
|||||||||||||||||||||||||||||