
Zaha HADID
Architecte irakienne établie à Londres.
Diplômée en 1977.
Enseignante à l'Architectural Association de 1977 à 1986, elle
est aussi, depuis 1986, titulaire de plusieurs chaires aux université
Harvard et Columbia aux Etats Unis.
Membre honoraire de l'Académie américaine des Arts et des Lettres
et membre de l'Institut américain d'Architecture.
Lauréate du prix Pritzker de l'architecture en 2004.
Quelques réalisations :
Rosenthal Centre for Contemporary Art, Cincinnati
(USA) ; logements pour IBA Blick 2 à Berlin ; Mind Zone du millenium
Dôme à Londres ; Terminal de tram/parking Hoenheim-Nord à
Strasbourg ; centre d'art contemporain de Rome.
_ Projet H _
L'équipe du concours
BET structure : Ove Arup Partners London
Économiste : LUCIGNY TALHOUET associés
Idée générale
Notre parti est de créer la fine fleur du musée, tout aussi
efficace, moderne et élégante, qu’exprimant les valeurs
et les ambitions de notre civilisation contemporaine. En accord avec la volumétrie
du plan d’ensemble, nous proposons un bâtiment événement,
un symbole, point de repère sur le littoral de Marseille.
Pour répondre à ce nouveau type de musée et centre de
recherche, nous cherchons une image nouvelle et originale et développons
un discours architectural dépourvu de tous clichés ou associations.
Nous croyons que le courage dans l’innovation ainsi que le dynamisme
pour un constant développement sont les principales caractéristiques
des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée. Ce
développement n’est cependant ni linéaire, ni prédéfini
ou prédictible. Nous croyons que la vie collective d’une civilisation
active est une belle et créative aventure. De nombreuses voies de développement
sont conduites en parallèle. Un des critères clefs d’une
civilisation forte est sa capacité à négocier son unité
et ses différences. La construction d’une représentation
collective ainsi qu’une auto critique historique est cruciale pour éviter
toute fragmentation dans cette aventure que peut être une constante
mutation.
Nous proposons ainsi une image forte de valeurs en constantes évolutions,
une composition en équilibre dynamique. Une image forte, inhabituelle,
dépourvue de toutes connotations, c'est une chance de marquer pour
les dirigeants et régisseurs d’une nouvelle institution, et d’établir
une identité propre pour une expérience culturelle marquante.
Parti architectural
Le parti pris pour la forme symbolique du bâtiment est l’idée
d’un volume culturel principal, point de départ d’une multitude
de parcours. Des projections en porte à faux s’étirent
de chaque coté de la masse centrale du bâtiment, repoussant l’enveloppe.
Une de ces saillies s’élance depuis la base pour venir se greffer
au repère historique du projet, le Fort Saint-Jean. Ce mouvement d’expansion
est complété par le mouvement opposé d’absorption.
L’enveloppe est absorbée à travers le volume, marquant
ainsi de manière spectaculaire le passage, un parcours public traversant
le cœur du bâtiment. Ce parcours coupe transversalement l’ensemble
du bâtiment, reliant le littoral au niveau haut du Fort Saint-Jean.
Ce geste généreux de connexion relie les deux sites du nouveau
musée : le site de l’Esplanade de la Mer au site du Fort Saint-Jean.
Les deux corps du musée sont cependant également liés
par le même discours architectural : ils reprennent une seule et même
identité esthétique. L’élément clef - des
volumes repoussant les limites d’une volumétrie donnée
- est également repris pour l’intervention sur le fort : les
saillies viennent ici combler les vides de l’enceinte du fort, surplombant
l’eau.
Les deux corps du musée sont volontairement éloignés
aux différentes extrémités du site à fin de générer
une multitude de parcours de liaisons, comme autant de manières possibles
laissées aux choix des visiteurs, de découvrir ou redécouvrir
le patrimoine du Fort Saint-jean. Le projet tente ainsi de limiter les interventions
sur le patrimoine historique en le valorisant par des événements
paysagers jouant sur les différences de niveaux de l’existant.
La réhabilitation du bâtiment H en îlot d’expositions
temporaires propose une pause aux flâneurs.
Stratégie urbaine
Le parti urbain vient renforcer l’esquisse du plan d’ensemble.
Notre proposition de bâtiment s’inscrit dans l’alignement
des deux bandes masses bâties cadrant l’Esplanade de la Mer.
Le volume cubique offert en tête de bande est le point de départ
lisible du traitement sculptural de la silhouette bâtie. La ligne du
bâtiment émerge d’une transition entre forme monolithique
et forme composée. Plusieurs saillies en porte-à-faux se suspendent
de manière spectaculaire au volume de base, adoptant la volumétrie
orthogonale du plan d’ensemble. Cependant, le détail d’articulation
de l’enveloppe exprime l’élasticité de celle-ci.
Ainsi, la silhouette générale associe une expérience
esthétique contemporaine spécifique, expression de l’ambition
et du dynamisme de ce musée. Ce détail d’articulation
est également l’opportunité de démontrer les possibilités
nouvelles de créer des formes organiques, reposant sur des technologies
de fabrication numériques, devenant la caractéristique de notre
culture contemporaine en matière de construction.
Une importante saillie verticale vient marquer la façade sur l’Esplanade
de la Mer. Le bâtiment assume ici fièrement son statut d’articulation
en angle de place urbaine. Une grande hauteur bâtie - exploitant la
pleine hauteur offerte par le plan d’ensemble – surplombe l’empreinte
carrée du bâtiment. Cette silhouette spectaculaire vient contrebalancer
la passerelle qui s’étire jusqu’au Fort Saint-Jean, équilibrant
ainsi une composition dynamique. La ligne spectaculaire marquant en proue
l’équipement contribue à son statut de repère urbain.
Articulations fonctionnelles
L’élément principal d’organisation est le
passage, un parcours public qui conduit au Fort Saint-Jean, traversant
en biais toute la hauteur du bâtiment. Deux rangées d’escalators
y montent et descendent jusqu'à un anneau central, ouvert en cœur
de bâtiment, au premier étage. C’est de là qu’il
est possible d’accéder aux espaces d’expositions. L’ensemble
des espaces des présentations permanentes s’enroule autours du
vide central, offrant un parcours circulaire aux travers des expositions.
La répartition du programme suit ainsi une logique simple et lisible
: le piano nobile, suspendu entre l’entrée du rez-de-chaussée
et l’accès depuis la passerelle, est attribué au programme
majeur de l’équipement - l’ensemble des espaces d’exposition
des présentations permanentes. Les différents services se situent
en dessous et au-dessus de cet étage central.
Au rez-de-chaussée se trouvent le café Internet, le magasin,
la garderie, l’auditorium ainsi qu’un ensemble d’espaces
d’expositions temporaires. Le deuxième étage n’est
pas un étage complet. Ouvert, il permet à la passerelle d’entrer
et de plonger dans le vide transversal, coupant le bâtiment dans toute
sa hauteur. On y trouve un restaurant panoramique, surplombant le vide central
de circulation. Une terrasse en toiture offre le spectacle d’une vue
sur le Fort Saint-Jean et sur la Méditerranée.
La saillie verticale est quant à elle allouée à l’administration
et aux créatifs du musée, soulignant le fait que la vie du musée
repose sur une équipe créant et recréant une expérience
à savourer. Cette situation stratégique permet d’excellentes
conditions de travail.
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| dernière mise à jour : 15-Sep-2004 | ||||||||||||||||||||||||||||||
| le projet > l'architecture et l'urbanisme > les participants | ||||||||||||||||||||||||||||||
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