
Pierre-Louis FALOCI
Architecte français établi à Paris.
Diplômé en 1975.
Enseignant à l'école d'architecture de Paris-Belleville. Nombreuses
publications et conférences.
Quelques réalisations :
Palais de justice d'Avesnes sur Helpe ; nouvelle
mairie de Nice ;
centre européen du Résistant et des Déportés,
Natzwiller – Struthof ; médiathèque, marché couvert
et aménagement de la place du marché de Meudon-la-Forêt
(92) ; chapelle Notre-Dame de la Sagesse, Paris 13eme ; centre archéologique
européen Mont Beuvray, prix de l'Equerre d'argent en 1996.
_ Projet F _
L'équipe du concours
BET TCE + économiste :Technip TPS et BETEREM ingénierie (Marseille)
1. PREAMBULE
Le projet représente un fragment de l’étude de définition
conçue par Yves Lion et son équipe. A l’intérieur
de ce fragment, il nous est clairement demandé d’atteindre un
triple objectif :
- Créer un musée des civilisations européennes en proue
du môle J4,
- Redonner au Fort Saint-Jean une fonction publique ouverte aux Marseillais
avec une forte liaison au musée par le sujet et le parcours,
- Proposer par l’ensemble de cette intervention une image forte, voire
emblématique, pour la ville de Marseille et son nouveau quartier d’Euroméditerranée.
Dans l’un des textes de présentation la référence
à Bilbao, Sydney ou le musée des Confluences à Lyon semble
clairement exprimé. Appartenant à une catégorie d’architectes
au geste plutôt retenu, nous nous tenons à préciser d’emblée
que notre travail a porté avant tout sur deux points : une extrême
attention au lieu, à la ville, et un regard très précis
sur le programme proposé et son sujet. Marseille est une ville topographiquement
et architecturalement très puissante. Les règles du jeu imposées
(19 m et 25 % d’émergence) sont autant de contraintes qui incitent
au calme, à la composition avec l’existant, avec les «paysages»
proches ou lointains, au respect des silhouettes de la ville. Cette position
n’enlève en rien la volonté de proposer un projet qui
appartienne au XXIème siècle par son articulation architecture
- paysage, par sa volumétrie, ses matériaux et sa mise en œuvre.
2. LE CONCEPT DU PASSAGE
Il est dit dans le texte de présentation dans les hypothèses
de nom concernant le musée, la notion de passage avait été
fortement évoquée. Pour nous ce concept est partout dans le
projet : passage par le sujet même du musée, mais aussi passage
de la ville au Fort, de la ville au musée, du Fort au Panier, par des
passerelles, passage entre de très nombreux niveaux de référence
(escaliers, couloirs, tunnel, ascenseurs, escalator), passage entre le hall
du musée vers les expositions, entre les expositions…
3. L’IMPORTANCE DU PARCOURS
Le projet est conçu comme une gigantesque composition optique entre
sujet et lieu . Dans cet ensemble que le musée forme avec le Fort,
l’occasion nous est donnée de poursuivre un travail abordé
depuis très longtemps, à savoir mettre en relation le sujet
du musée avec son environnement optique. Conforté par le magnifique
essai d’Hubert Damisch au titre prédestiné, pour un tel
projet, La dénivelée, nous avons tenté de recomposer
avec le sujet des séquences d’approche, des cadrages, des fragments
de paysage ou d’architecture. Le projet appartient beaucoup plus à
l’idée d’un dispositif optique qu’à celle
d’une sculpture habitée. Chaque niveau, chaque pièce,
chaque espace extérieur est quantifié techniquement et optiquement
pour répondre à ce double langage sujet- optique. Ainsi le projet
proposé ne peut être que là et nulle part ailleurs. Il
ne peut être qu’à Marseille scellé dans son paysage
et ses matières.
4. CHOIX FONCTIONNELS
Etant donné l’importance considérable de l’accueil
nous avons chois de hisser l’entrée de 3 m par une immense rampe
à 4%, de sorte que le visiteur découvre un premier passage qui
est le hall, comprenant un grand comptoir d’accueil regroupant vestiaire,
bagagerie, billetterie et une boutique en face. Au fond du hall, se trouve
l’accueil des groupes. Le hall domine une séquence filtrée
sur l’horizon marin. Puis le public découvre sur sa gauche un
gigantesque espace qui domine en balcon le foyer forum en contrebas. Celui-ci
comprend une cafétéria, le hall de l’auditorium, l’auditorium
et les salles annexes. Cette coupe offre un cadrage sur l’eau et le
Fort. Ainsi, le niveau de référence étant 3 m plus haut
que l’esplanade, sont organisés en rez-de-chaussée des
fonctions faciles d’accès par le hall principal (action culturelle)
et facile d’accès par l’espace forum (centre de documentation).
Du hall on domine la cafétéria - forum, mais on devine en levant
la tête un immense puit de lumière permettant de comprendre l’ensemble
des espaces d’exposition. la grande exposition temporaire de 800 m²
est au même niveau ainsi qu’une autre à droite. Il y a
trois façons de monter : l’escalator, dans l’axe, à
côté deux ascenseurs de verre, enfin un grand escalier central
qui sera surtout utilisé pour redescendre. Le puits central contient
sur l’une de ses faces une immense carte de l’Europe et de la
Méditerranée qui cadre le sujet.
Le choix des emplacements des expositions temporaires et permanentes a été
dicté par la coupe générale musée - Fort. Ainsi
le hall principal abrite deux expositions temporaires, dont celle de 800 m².
Six expositions permanentes sont regroupées sur un seul et même
niveau du musée, la septième est située dans le Fort
côté cour carrée, côté Marseille. L’étage
du niveau de la passerelle comprend trois autres expositions temporaires,
dont une prévue dans le bâtiment H. enfin au dernier niveau du
musée se situe un salon de thé -restaurant belvédère
qui peut aussi servir de cinéma en plein air.
En ce qui concerne le Fort les choix furent clairs. Tout d’abord une
exposition permanente dès l’entrée sur un sujet peut-être
plus spécifique au Fort. Puis un désossement du bâtiment
DRASSM qui, tout en gardant sa structure, nous permet d’établir
une liaison verticale avec escalier métallique et ascenseur en métal
et verre qui règle l’accessibilité pompiers, les livraisons,
l’accès handicapés. La maison du directeur est située
sur cette salle d’exposition avec vue sur le port. les VIP sont installés
dans le bâtiment des officiers. Une partie de l’action culturelle
est détachée dans le cadre de la rénovation autour du
moulin, créant un véritable village pédagogique pour
enfants. Le bâtiment H devient une exposition temporaire avec une buvette
en duplex dont un balcon en caillebotis au 1er étage donne avec une
grande discrétion architecturale une vue exceptionnelle sur le port.
un amphithéâtre extérieur est créé pour
l’été, ainsi qu’un retraitement du sol pour l’espace
public devant le bâtiment H et l’accès à la grande
passerelle.
5. LE PASSAGE DES MATERIAUX
L’histoire du paysage architectural et topographique de Marseille est
un véritable indice de modernité. L’acier noir ou rouge
des bateaux, du transbordeur, des grues ; le bois foncé, gris vieux
neuf ou usé ; la pierre et le béton dans tous leurs états
: bombardés, éventrés, usés par le temps et la
guerre ; l’arrivée d’une stratification contemporaine avec
Euroméditerranée. Pour nous, pas la peine d’aller chercher
ailleurs : les matériaux sont là, il suffit de les utiliser
à la pointe de leur temps.
Le bâtiment présentera donc une articulation d’éléments
en béton poly brillant en poudre de pierre, des éléments
en double face microbillé d’acier rouge ou noir, des parties
vitrées jamais directement au soleil, mais toujours avec un filtre
détaché de l’un des trois matériaux cités.
Les tonalité du musée vont s’irradier dans le Fort surtout
pour l’acier microbillé rouge.
Ainsi les deux lieux vont fusionner dans un échange de matériaux
pour ne faire qu’un seul et même sujet, qu’un seul et même
bâtiment dans le paysage.
C’est peut-être aussi cela marquer son temps : pas forcément
« faire le grand geste », mais plutôt celui de sublimer
un lieu d’une manière plus modeste.
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| dernière mise à jour : 15-Sep-2004 | ||||||||||||||||||||||||||||||
| le projet > l'architecture et l'urbanisme > les participants | ||||||||||||||||||||||||||||||
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