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Thon, Telline et Tautène

 

La présentation de plusieurs pêches artisanales en Méditerranée
- thon, oursin, corail, poulpe, calamar, telline –
permet d’aborder les grandes questions sociales, patrimoniales et écologiques
qui se posent aujourd’hui aux différents usagers de l’espace maritime.

 

L’exposition est complétée par un ensemble de panneaux réalisés par l’Institut de Recherche pour le Développement afin d’évoquer la situation de la pêche dans le monde.

Introduite au Niveau I de la tour du Roy René par un état des lieux ainsi que par des images d’archives évoquant la pêche plaisancière et professionnelle sur le pourtour méditerranéen (1930-1970), l’exposition consacre les deux étages suivants à plusieurs pêches aujourd’hui menacées. Les enjeux patrimoniaux, économiques, écologiques sont évoqués tour à tour ainsi que la législation contrôlant l’activité plaisancière et professionnelle.

Le niveau II illustre la pêche traditionnelle au thon, au filet et à la ligne. Une maquette de madrague, une barquette, des films des années 50 ainsi que des textes illustrés mettent le public en situation pour comprendre ces techniques de pêche et, par quelques chiffres, s’interroger sur la surpêche issue du développement technologique.

Le niveau III présente 5 espèces différentes : le corail rouge, l’oursin, le poulpe, la tautène (calamar) et la telline de Camargue. Pour des raisons diverses (pollution, surpêche) le stock de chacune de ces espèces régresse et les contrôles s’intensifient.

Le corail rouge fut recherché dans le bassin occidental de la Méditerranée, et particulièrement dans le golfe gaulois (rade de Marseille), depuis la plus haute antiquité, comme l’attestent une épave dévouverte à Marseille en 1993 et des cabestans de corailleurs découverts sur le littoral. Son exploitation généra à Marseille des manufactures de bijoux, prospères jusqu’au XIXe siècle.
Le réchauffement actuel de l’eau est souvent fatal au corail pendant l’été. Seuls les corailleurs assermentés sont actuellement autorisés à le ramasser mais le trafic international, très florissant, aggrave la dévastation des fonds marins.

Le propos de la pêche à l’oursin est local (la Côte bleue). Il évoque l’autorisation locale pour les oursiniers professionnels de pêcher en scaphandre autonome (interdit partout ailleurs) ainsi que le tourisme nouveau des oursinades, qui se diffuse jusque dans le Var. La population, qui n’a plus le temps de se reproduire, diminue de façon inquiétante.

La telline est un coquillage apprécié depuis peu en Camargue et la réglementation ne remonte qu’aux années 70. Là encore, le stock régresse. Le rendement moyen journalier d’un pêcheur professionnel a diminué de plus de moitié en 5 ans…

Inversement, le poulpe permet d’évoquer la mise en place, au large de Marseille, de récifs artificiels incitant la faune à se réimplanter, notamment à l’aide des pots à poulpe, ordinairement employés pour les capturer.

Tautène et supi (calamar et seiche) sont évoqués quant à eux par la variété des accessoires de pêche (casseris, turlute, tautenière), anciens et actuels.
Le dernier étage (avant de découvrir le panorama du port depuis la terrasse de la tour) conclue cette présentation par une réflexion sur la pêche à l’échelle de la planète : traditions et technologies, soutenir ensemble l’environnement et les populations, œuvrer dans l’espoir.

 

Conception : Catherine Homo-Lechner

 

Scénographie : Luce Monier

 

Du 28 aout au 27 septembre 2009
Fort Saint-Jean
Tour du Roi René – quai du port 13002 Marseille
Du vendredi au dimanche de 13h à 19h
Entrée libre

 

Contact MuCEM

 

04 96 13 80 90 – 04.96.11.63.22.

 

Site Internet : www.mucem.eu

 

 

 

 

 

Catherine Homo-Lechner
04/09/09
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