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Bouteilles de Selecto - Boîte de fromage " El Malik " -MNATP, Paris, acquisition 2003 - École communale de garçonsrue Lazerges, Alger, 1949-photographie DR, 1949, collection Jean-Pierre Stora - Au premier rang, 6ème à partir de la gauche, le réalisateur de cinéma Guy Gilles et au 9ème rang, Jean-Pierre Stora. On ne compte, dans ce quartier d'Alger, sur un effectif de 40 élèves, qu'un seul garçon musulman. Chardonneret canari dans sa cage -MNATP, Paris, acquisition 2003 Pâtisserie orientales, Phot MNATP

La jeunesse, la mort en quête de valeurs identitaires
Architectures en miroir
Violences et migrations : exil ou accueil ?


S’approprier tous les héritages et s’ouvrir

La parole et la musique
Après des années d’isolement, Alger vit la poussée de la communication cyber-internationale. Les paraboles, les cybercafés connaissent un succès spectaculaire. Alger s’interroge sur la manière de s’approprier tous les héritages : Algérie, France, monde arabe, alors même que de nouveaux modèles se présentent, répétant, dans la violence, l’incessant conflit : ouverture à « l’universel » ou repli « identitaire ». Qu’est-ce qu’être « Français » à Alger, « Algérien » à Marseille ? La nationalité a-t-elle encore un sens ? Pour Jacques Derrida, juif algérien, l’arabe ou le berbère sont interdits, le français lui est faussement donné, le trait d’union entre franco-maghrébin renvoie au « tourment, à la torture, à la lésion, à la blessure, à la terreur, à la guerre… Ce trait d’union ne fera jamais taire la mémoire ». La nécessité de parole entre les deux rives pour les échanges commerciaux, la colonisation, l’émigration tant rurale que transméditerranéenne, a fait naître une situation linguistique d’une complexité rarement égalée. Lingua franca, pataouète, arabe, langues dialectales, français, verlan, bilinguisme, trilinguisme… se partagent l’espace sonore de nos conversations croisées de part et d’autre de la mer, jusqu’à la situation extrême que certains dénoncent, l’apparition de la figure du « zéro-lingue ». Les murs bruissent : hittistes à Alger et taggeurs à Marseille baignent dans le rap, une musique commune introduite par les paraboles et quelques cassettes pirates de MC Solar, IAM ou Alliance Ethnic. La langue lie les jeunesses de Marseille et d’Alger qui se retrouvent dans une même rébellion. Le corps social s’exprime : écrire, parler, construire… ; les femmes courageuses, bien que marginalisées, jouent un rôle essentiel dans cette genèse d’une nouvelle culture.