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Les poteries d'Aïcha, ensemble de poteries KabylesXVIIIe siècle, terre cuite, collection Alain Vircondelet Guesaâ, Douars de Maatka, sud de Tizi-Ouzou Musée National des Arts et Traditions Populaires, Paris -acquisition 2003 Uniforme d'appelé 1958, collection particulière

La jeunesse, la mort en quête de valeurs identitaires
Architectures en miroir
S’approprier tous les héritages et s’ouvrir

Violences et migrations : exil ou accueil ?

En 1962, la rupture provoque la liesse à Alger qui célèbre l’Indépendance et l’exil des Français d’Algérie. Ceux-ci débarquent à Marseille sur le J4 ou à Marignane, démunis, arrachés à une terre qu'ils avaient faite leur. Ils reçoivent un accueil froid et hostile. Leur statut de rapatriés semble leur dénier celui de citoyens français à part entière. Sans oublier les Algériens qui, fidèles à la France, sont parqués sans ménagement comme « Français Musulmans Rapatriés » ou « Français de Souche Indigène Rapatriés d’Afrique du Nord »…
Combien de drames dans ces camps de « Harkis », qui, 40 ans plus tard, continuent de réclamer reconnaissance.Cette vague de rapatriés s’inscrit dans un mouvement de populations incessant et intense vers la rive nord, initié dès 1906. La porte d’Aix devient le symbole des quartiers dits d'accueil.L’implantation ne se fait pas faite sans heurts, comme le rappelle l’attentat de 1973 à Marseille, contre le consulat de l’Algérie. La rentrée scolaire 1962 fait fleurir les préfabriqués et les cités d’accueil précaires.

Que reste-t-il de tout cela ?

Des mémoires d’enfants déboussolés, les tours et les barres qui identifient si fort le paysage urbain, abritant chaque nouvelle vague d’émigrés, et l’écume d’autant d’aventures individuelles qui nouent indissociablement dans les cœurs et souvent dans les chairs, Alger et Marseille.Jusqu’aux années 1990 où Marseille continue à accueillir ceux que la violence chasse d’un pays pour lequel ils sont prêts à donner le meilleur d’eux-mêmes.
C’est dans les souvenirs d’enfance que l’on rencontre le plus fréquemment exprimé l’accomplissement de l’illusion de la fusion culturelle. Sous la plume d’Albert Camus ou dans les innombrables biographies des rapatriés, la terre d’Alger est définitivement celle du paradis d'une enfance en liberté dans l’abondance et la diversité des propositions sensuelles, sucrées et parfumées. Les pâtisseries, le thé à la menthe, les parfums, le jasmin, la rose, les épices, le cumin, la coriandre mais aussi le grésil, des produits d’entretien et le chant du chardonneret, picolette ou canari, qui agrémente toutes les maisons et dont la virtuosité suscite chez les enfants et les adolescents jeux et paris lucratifs, éveillent à la mémoire l’écume des sens.