



Dominante I Dominée Alger la blanche, porte européenne de l'Afrique Marseille la coloniale La prise d’Alger, en 1830, est un épisode de plus dans la longue série des représailles qui caractérise la nature des conflits entre la France et la Régence. Au départ, il n’est pas dans les intentions françaises de faire de ce pays une colonie d’administration directe. Les ambitions commerciales des armateurs et industriels marseillais auront sans doute un rôle déterminant dans la poursuite de l’implantation coloniale. Talabot construit, à partir des Chemins de fer Paris-Lyon-Méditerranée et de la très marseillaise Compagnie des docks, un empire méditerranéen qui se prolonge jusqu’en Algérie. L’occupation coloniale, militaire et économique, est aussi culturelle. Entre répulsion et fascination, la société française ne cessera d’être partagée. À l’instant où les formes urbaines s’unifient, les différences sociales se creusent : statut de l’indigénat, décret Crémieux, abolition du décret Crémieux… Les confréries religieuses comme celle de Sidi Abderrahmane, saint patron d’Alger, deviennent le refuge du pouvoir et de l’organisation symbolique et culturelle d’une société mutilée et réduite au silence. D’autre part, la culture de la rive sud exerce une attirance irrésistible sur les « intellectuels » de la rive Nord. Des Saint-Simoniens aux orientalistes puis à toutes les tendances politiques qui prendront le parti « des damnés de la terre », selon le manifeste de Frantz Fanon, tous cultiveront l’utopie de l’universalisme méditerranéen. |