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Kateb Yacine, interview filmée - film INA, lecture pour tous, 1956 Photographies dédicacées de vedettes du cinéma et du théâtre, en tournée à Alger Guy Gilles et Jean-Pierre Stora Alger, 1950-1962 (tirages modernes), collection Jean-Pierre Stora Algérie, pays de lumière, affiche édition Baconnier, MNATP Gabriel Audisio, Amour d'Alger , édition Edmond Charlot, Alger, 1938, MNATP Paris, acquisition 2003

Une gestation culturelle

La première moitié du XXe siècle continue de voir s’épanouir le rêve saint-simonien de la civilisation méditerranéenne, cohabitation harmonieuse des cultures d’Orient et d’Occident. L’activité de deux éditeurs traduit deux tendances dominantes qui s’affronteront jusqu’à l’Indépendance. La tendance de « l’école d’Alger » dont Edmond Charlot est l’éditeur, se fonde sur l’utopie d’un universalisme méditerranéen, à travers le manifeste camusien Rivage. Le provincialisme colonial de la littérature « algérianiste », quant à lui, est merveilleusement illustré par les « beaux livres » des éditions Baconnier. Parallèlement, Gabriel Audisio plaide à propos de la peinture, dans La guirlande d’Abd el Tif, en faveur d’une autonomie culturelle algérienne. La librairie orientaliste et maison d’édition Al Nahda essaie de développer, avec de petits moyens, un espace culturel plus fidèle aux attentes de l’Algérie musulmane. Elle publie Kateb Yacine et le philosophe Malek Bennabi. Dans le même temps, d’autres communautés sont marginalisées. La peau noire, à Alger, distingue l’esclave de l’indigène. Frantz Fanon tente de faire entendre son manifeste qui résonne dans le silence de l’isolement de la communauté noire originaire du sud algérien.