

Une gestation culturelle La première moitié du XXe siècle continue de voir
s’épanouir le rêve saint-simonien de la civilisation
méditerranéenne, cohabitation harmonieuse des cultures
d’Orient et d’Occident. L’activité de deux
éditeurs traduit deux tendances dominantes qui s’affronteront
jusqu’à l’Indépendance. La tendance de «
l’école d’Alger » dont Edmond Charlot est l’éditeur,
se fonde sur l’utopie d’un universalisme méditerranéen,
à travers le manifeste camusien Rivage. Le provincialisme colonial
de la littérature « algérianiste », quant
à lui, est merveilleusement illustré par les « beaux
livres » des éditions Baconnier. Parallèlement,
Gabriel Audisio plaide à propos de la peinture, dans La guirlande
d’Abd el Tif, en faveur d’une autonomie culturelle algérienne.
La librairie orientaliste et maison d’édition Al Nahda
essaie de développer, avec de petits moyens, un espace culturel
plus fidèle aux attentes de l’Algérie musulmane.
Elle publie Kateb Yacine et le philosophe Malek Bennabi. Dans le même
temps, d’autres communautés sont marginalisées.
La peau noire, à Alger, distingue l’esclave de l’indigène.
Frantz Fanon tente de faire entendre son manifeste qui résonne
dans le silence de l’isolement de la communauté noire originaire
du sud algérien. |