

Architecture en miroir Le 11 juillet 1830, l’administration décrète que
chaque habitant doit éclairer à ses frais la façade
de sa maison. Un fonctionnaire du régime d’occupation est
chargé de baptiser les rues d’Alger et de numéroter
les portes des maisons. L’ingénieur Filhon reprend pour
les rues d’Alger les noms des vaisseaux de guerre de l’expédition
française qui « en raison de leur caractère historique
méritent d’être conservés » : «
Aigle, Antilope, Bélier, Centaure, Cheval, Cygne, Lézard,
Lion, Scorpion, Taureau, Girafe, Condor… ». Ainsi Alger
« la Guerrière », « l’Indomptable »,
« la Bien gardée », « la Sultane », devient-elle
« la ville des bêtes ». Ce triste surnom apparaît
dans les chroniques coloniales après 1830 (Villes d’Algérie
au xixe siècle, 1984).Trois modèles servent à l’édification
d’Alger colonisée : Rome, Paris, puis New-York à
partir de 1930. Alger prend sa place de capitale et s’apparente
alors plus à Paris qu’à Marseille. Cependant, le
développement d’Alger et de Marseille, lié à
l’histoire coloniale du Second Empire, comporte de nombreuses
ressemblances. |