

De la prise d'Alger La colonisation va de pair avec une prise de possession culturelle
de la ville d’Alger et l’effacement des repères antérieurs.
Hamdam Khodja publie en 1833 un réquisitoire : « M. Le
Général Clauzel a ordonné la démolition
d’un bazar nommé El-Kassarié dans lequel on vendait
les livres qui sont les instruments de la civilisation et qui servent
[les] lumières à l’homme intellectuel. C’était
dans ce bazar que se trouvaient les copistes car, en Afrique, il n’existe
pas d’imprimerie. » Thomas Urbain est un métis, fils d’un commerçant
marseillais et d’une mulâtresse. Journaliste, diplomate,
homme politique, un temps proche du Duc d’Aumale, c’est
un Saint-Simonien convaincu. Passionné par la culture arabe,
il parle la langue, se convertit à l’Islam et devient Ismaïl
Urbain. Il attaque violemment les excès de la colonisation et
publie, en 1860, l’Algérie aux Algériens. Il meurt
à Alger, désespéré, en 1884. |