Rayonnantes rivales
Al Djazaïr « l’Indomptable »
Marseille « la Conquérante »
Aux XVIIe-XVIIIe siècles, Alger comme Tunis et Tripoli est un
« pachalik » ottoman. Mais ces provinces sont mal intégrées
à l’Empire ottoman qui n’y exerce pas d’administration
directe et n’en perçoit qu’irrégulièrement
le tribut. Un fossé profond sépare les villes des campagnes
et le contrôle des populations rurales berbères représente
un défi permanent.
Marseille, de son côté, est l’une des plaques tournantes
du commerce en Méditerranée. Cependant les produits manufacturés
exportés d’Alger vers Marseille ou Livourne sont rares
: céréales, blé, orge ne commencent à jouer
un rôle important qu’à la fin du XVIIIe siècle.
Alger importe des produits manufacturés ainsi que des denrées
et objets de luxe. En fait, les échanges commerciaux véritablement
organisés avec Marseille s’effectuent plutôt avec
les Régences de Tunis et de Tripoli.. C’est le principe
de la « course » qui règle les rapports entre les
deux villes, une relation fort lucrative, mais qui génère
des rapports d’une rare violence.