

A la fin du Moyen-Âge, les pays s’approvisionnent en esclaves
par les pirates qui écument la Méditerranée. Les uns
attaquent les navires, les autres procèdent à des razzias –
de l’algérien rhazya – sur les villages côtiers,
en Provence en particulier : un trafic difficile à estimer, portant
sur plusieurs milliers de personnes, femmes, hommes et enfants, de toutes
conditions et compétences. Cette traite a ses règles, ses marchés,
ses cotes et ses codes, jusqu’à prévoir le rachat possible
et les échanges, dont des confréries religieuses, comme les
Trinitaires, se font une spécialité. En 1624, on estime à
36 000 le nombre des gens réduits en esclavage dans les pays de «
Barbarie » (Afrique du Nord), 25 000 à Alger même, dont
beaucoup de Français. À Marseille, les galères ont besoin
de cette force motrice humaine. à la même époque on compte
5000 hommes de chiourme, constitués de 76 % de condamnés et
le reste d’esclaves, appelés « Turcs », quelque soit
leur origine, achetés sur les marchés d’Afrique du Nord,
de Grèce, d’Asie mineure, ou même d’Europe centrale.La
présence des esclaves domestiques dans les familles a laissé
des traces dans le vocabulaire : si l'on hèle la servante sous le nom
de « Fatma » à Marseille, la même, à Alger,
répond à l’interpellation de « Catherine ».



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