









Dès
le XIIIe siècle, une communauté
de potiers « musulmans » à Marseille
La fouille menée en 1991 dans le quartier Sainte-Barbe a mis au jour
un ensemble d’ateliers de potiers installés hors les murs, dans
les premières décennies du xiiie siècle. Ce site se caractérise
par une production issue de techniques hispano-mauresques totalement inconnues
jusque-là en Provence. Les archéologues supposent la présence
à Marseille d’artisans provenant d’Al-Andalus (Marchesi,
Thiriot, Vallauri, 1997). L’organisation spatiale des ateliers est stéréotypée.
Elle pourrait révéler une éventuelle « volonté
supérieure » d’organisation venue de l’étranger
ou un investissement de type « capitaliste » mettant l’outil
de travail, l’atelier, à disposition des potiers. Parallèlement,
le commerce d’esclaves sarrasins, bien attesté à Marseille
dès 1228, et certains faits historiques tels que la conquête de
Majorque (1229), rendent possible la présence à Marseille, dans
le premier tiers du xiiie siècle, d’une main-d’œuvre
servile originaire des sites de fabrication des majoliques hispano-mauresques.
Le rapprochement entre données de fouille et textes fait ainsi apparaître
comme plausible l’hypothèse d’ateliers fonctionnant avec
des esclaves qualifiés originaires de l’Espagne musulmane. L’implantation
ex-nihilo d’un ensemble d’unités de production stéréotypées
a pu être le fait d’un entrepreneur privé ou public ayant
investi dans l’achat de potiers musulmans. (Bernardi, 2000, p.89)
cf. catalogue de l’exposition Le Vert et le brun, Musée d’Histoire
de Marseille.
Implantation