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L’histoire du tag et du graff, dans la forme que nous lui
connaissons aujourd’hui, est une histoire newyorkaise. Il
s’agit d’une signature, simple (tag) ou élaborée
(graff).
Son apparition sans être très précise est datée
du début des années 60, à New York surtout
mais aussi à Philadelphie. Pour cette première génération
américaine, il s’agit d’affirmer son existence
et quoi de mieux que de signer son nom ou son surnom sur le métro
qui va circuler dans toute la ville à partir de chez soi,
chez soi c’est à dire son quartier d’assignation
à résidence en raison de la couleur de sa peau et
de sa condition sociale dégradée. Le métro
newyorkais et ses writers resteront pour les graffeurs européens
une référence, et un lieu de pèlerinage : une
recherche d’originalité et de créativité
anime le mouvement graffiti et plus largement hip hop.
Peu à peu, des tags plus sophistiqués se développent,
les défis entre les groupes se jouent sur la personnalisation
et la complexification du lettrage. Des styles plus élaborés
vont naître progressivement, les progrès techniques
des bombes y contribueront.
Le fait d’être en groupe permet de mieux préparer
et effectuer les aventures dans le métro.
Les peintures du métro sont préparées, photographiées,
commentées. La répression héroïse l’acte.
Début des années 80, les galeries et les musées
s’y intéressent, exposent. C’est le début
des toiles.
Le phénomène s’étend en même temps
que la culture hip hop et sort quelque peu de ses origines ethniques.
Les sorties de films et ouvrages à ce début des années
80, les voyages contribueront à sa diffusion en Europe.
Avec la tournée de Afrika Bambaata (fondateur de la Zulu
Nation et du mouvement hip hop), apparaît en 1982 le premier
tag à Paris. Les villes européennes essentielles du
mouvement sont Paris et Amsterdam.
Notre sujet est le graff, issu du ghetto newyorkais et son appartenance
au mouvement hip hop avec les valeurs qui s’y rattachent.
Mais il est intéressant d’inscrire la recherche dans
un contexte historique et esthétique plus large de décors
de l’environnement, quelle qu’en soit leur nature :
formes d’occupation artistique et illégale de la rue
comme les pochoirs ou les mosaïques (mosaïques ou pixel,
pochoir, publicités détournées…)
Une enquête a lieu sur l'histoire et la sociologie
du mouvement en France et en Europe
Elle consiste en entretiens avec des graffeurs, participations à
des évènements, visites de lieux. Enregistrements,
photographies, films sont réalisés.
Acquisitions :
Les murs et le mobilier urbain représentent les supports
de la marque des graffeurs. Nous sommes donc dans une démarche
d’acquisition de pièces aussi différentes que
sont des panneaux de chantier, des rideaux de boutiques, des boites
aux lettres, matériels EDF, SNCF ou RATP…ainsi que
des dessins, des maquettes, des outils, des bombes, des vêtements,
des affiches et affichettes, des programmes, stickers, publicités
et tout autre support…
Pays concernés : Allemagne, Belgique, Espagne, France,
Grande Bretagne, Suède
Direction de la campagne :
CNRS : Claire Calogirou
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