dernière mise à jour : 23-Mai-2005
 
 
 
Camion taggé - Phot. MNATP C. Calogirou
 
Bagnolet - Phot. MNATP C. Calogirou
 


L’histoire du tag et du graff, dans la forme que nous lui connaissons aujourd’hui, est une histoire newyorkaise. Il s’agit d’une signature, simple (tag) ou élaborée (graff).
Son apparition sans être très précise est datée du début des années 60, à New York surtout mais aussi à Philadelphie. Pour cette première génération américaine, il s’agit d’affirmer son existence et quoi de mieux que de signer son nom ou son surnom sur le métro qui va circuler dans toute la ville à partir de chez soi, chez soi c’est à dire son quartier d’assignation à résidence en raison de la couleur de sa peau et de sa condition sociale dégradée. Le métro newyorkais et ses writers resteront pour les graffeurs européens une référence, et un lieu de pèlerinage : une recherche d’originalité et de créativité anime le mouvement graffiti et plus largement hip hop.

Peu à peu, des tags plus sophistiqués se développent, les défis entre les groupes se jouent sur la personnalisation et la complexification du lettrage. Des styles plus élaborés vont naître progressivement, les progrès techniques des bombes y contribueront.
Le fait d’être en groupe permet de mieux préparer et effectuer les aventures dans le métro.
Les peintures du métro sont préparées, photographiées, commentées. La répression héroïse l’acte.
Début des années 80, les galeries et les musées s’y intéressent, exposent. C’est le début des toiles.
Le phénomène s’étend en même temps que la culture hip hop et sort quelque peu de ses origines ethniques.
Les sorties de films et ouvrages à ce début des années 80, les voyages contribueront à sa diffusion en Europe.
Avec la tournée de Afrika Bambaata (fondateur de la Zulu Nation et du mouvement hip hop), apparaît en 1982 le premier tag à Paris. Les villes européennes essentielles du mouvement sont Paris et Amsterdam.

Notre sujet est le graff, issu du ghetto newyorkais et son appartenance au mouvement hip hop avec les valeurs qui s’y rattachent. Mais il est intéressant d’inscrire la recherche dans un contexte historique et esthétique plus large de décors de l’environnement, quelle qu’en soit leur nature : formes d’occupation artistique et illégale de la rue comme les pochoirs ou les mosaïques (mosaïques ou pixel, pochoir, publicités détournées…)

Une enquête a lieu sur l'histoire et la sociologie du mouvement en France et en Europe
Elle consiste en entretiens avec des graffeurs, participations à des évènements, visites de lieux. Enregistrements, photographies, films sont réalisés.
Acquisitions :
Les murs et le mobilier urbain représentent les supports de la marque des graffeurs. Nous sommes donc dans une démarche d’acquisition de pièces aussi différentes que sont des panneaux de chantier, des rideaux de boutiques, des boites aux lettres, matériels EDF, SNCF ou RATP…ainsi que des dessins, des maquettes, des outils, des bombes, des vêtements, des affiches et affichettes, des programmes, stickers, publicités et tout autre support…

Pays concernés : Allemagne, Belgique, Espagne, France, Grande Bretagne, Suède

Direction de la campagne :

CNRS : Claire Calogirou