dernière mise à jour : 03-Mai-2005
 
 
cornemuse dite cabrette, 1959, Aurillac, MNATP 1960- Phot : MNATP
 
cornemuse dite cabrette, fin 19e siècle, Aveyron, MNATP 1983- Phot : MNATP
 

La cornemuse est un des rares instruments vraiment spécifique à l’Europe, dans la mesure où elle est attestée sur la presque totalité du continent, même si son extension déborde un peu cette zone pour s’étendre à la rive sud de la Méditerranée et, partant vers l’Est, gagner l’Inde du nord.

Est appelé cornemuse tout instrument à vent pourvu d’une poche alimentée par le musicien et qui sert de réserve d’air pour faire sonner un tuyau au minimum, percé de trous de jeu. A partir de cette base, beaucoup de variations sont possibles puisque les cornemuses peuvent avoir deux ou trois tuyaux mélodiques, auxquels s’ajoute un ou plusieurs tuyaux bourdon, plus, à l’occasion, un soufflet pour alimenter le réservoir… voilà pourquoi on retrouve ce même instrument sous plus d’une trentaine de types différents, avec autant de variantes terminologiques d’un pays, voire d’une région à l’autre. Cette diversité témoigne d’une très longue implantation et d’une pratique importante fondée sur la société rurale pour laquelle la cornemuse était l’un des principaux instruments.

Or, depuis les soixante dernières décennies, on a vu partout disparaître les modes de vie ancestraux dont dépendait son usage. Constatant que la cornemuse est encore bien vivante dans les pratiques d’aujourd’hui, on peut se demander comment elle a su se maintenir malgré la disparition de son contexte traditionnel et la forte concurrence d’autres instruments plus adaptés aux nouvelles formes d’expression musicale.
En France, le processus de revitalisation des musiques dites traditionnelles s’est essentiellement cristallisé autour de l’appartenance identitaire (être breton, occitan, basque…). Cette question de l’identité, et notamment l’identité celtique, nous a conduit à choisir pour terrain de campagne l’Irlande et la Galice (Espagne) dans la mesure où ces terres partagent des origines celtes avec la Bretagne (voir le festival de Lorient dans le Morbihan, dit « inter-celtique »).
Du côté de l’Europe de l’Est, c’est le contexte politique que nous interrogerons car il a longtemps privilégié les arts populaires comme source de la création artistique. La Hongrie servira de premier terrain d’étude pour voir sous quelles modalités cet instrument rural est aujourd’hui pratiqué.
Enfin, constatant que les communautés maghrébines vivant en Europe n’utilisent pas la cornemuse alors qu’on peut encore la croiser dans certains villages d’Afrique du Nord, on se demandera quelles sont les raisons de son absence.

Cette campagne vise donc à enrichir les collections du futur musée en couvrant quatre régions de l’Europe et de la Méditerranée et répondra à la question du contexte des pratiques d’aujourd’hui.

Direction de la campagne :
Marie-Barbara Le Gonidec