|
La cornemuse est un des rares instruments vraiment spécifique
à l’Europe, dans la mesure où elle est attestée
sur la presque totalité du continent, même si son extension
déborde un peu cette zone pour s’étendre à
la rive sud de la Méditerranée et, partant vers l’Est,
gagner l’Inde du nord.
Est appelé cornemuse tout instrument à vent pourvu
d’une poche alimentée par le musicien et qui sert de
réserve d’air pour faire sonner un tuyau au minimum,
percé de trous de jeu. A partir de cette base, beaucoup de
variations sont possibles puisque les cornemuses peuvent avoir deux
ou trois tuyaux mélodiques, auxquels s’ajoute un ou
plusieurs tuyaux bourdon, plus, à l’occasion, un soufflet
pour alimenter le réservoir… voilà pourquoi
on retrouve ce même instrument sous plus d’une trentaine
de types différents, avec autant de variantes terminologiques
d’un pays, voire d’une région à l’autre.
Cette diversité témoigne d’une très longue
implantation et d’une pratique importante fondée sur
la société rurale pour laquelle la cornemuse était
l’un des principaux instruments.
Or, depuis les soixante dernières décennies, on a
vu partout disparaître les modes de vie ancestraux dont dépendait
son usage. Constatant que la cornemuse est encore bien vivante dans
les pratiques d’aujourd’hui, on peut se demander comment
elle a su se maintenir malgré la disparition de son contexte
traditionnel et la forte concurrence d’autres instruments
plus adaptés aux nouvelles formes d’expression musicale.
En France, le processus de revitalisation des musiques dites traditionnelles
s’est essentiellement cristallisé autour de l’appartenance
identitaire (être breton, occitan, basque…). Cette question
de l’identité, et notamment l’identité
celtique, nous a conduit à choisir pour terrain de campagne
l’Irlande et la Galice (Espagne) dans la mesure où
ces terres partagent des origines celtes avec la Bretagne (voir
le festival de Lorient dans le Morbihan, dit « inter-celtique
»).
Du côté de l’Europe de l’Est, c’est
le contexte politique que nous interrogerons car il a longtemps
privilégié les arts populaires comme source de la
création artistique. La Hongrie servira de premier terrain
d’étude pour voir sous quelles modalités cet
instrument rural est aujourd’hui pratiqué.
Enfin, constatant que les communautés maghrébines
vivant en Europe n’utilisent pas la cornemuse alors qu’on
peut encore la croiser dans certains villages d’Afrique du
Nord, on se demandera quelles sont les raisons de son absence.
Cette campagne vise donc à enrichir les collections du futur
musée en couvrant quatre régions de l’Europe
et de la Méditerranée et répondra à
la question du contexte des pratiques d’aujourd’hui.
Direction de la campagne :
Marie-Barbara Le Gonidec
|